Un
message aperçu dans le groupe Facebook « FONER.NET », composé de plus de 447 000 membres, affirme que le Président Capitaine Ibrahim Traoré aurait fixé les frais de scolarité des lycées privés à cinquante mille (50 000) francs CFA.
La publication, mise en ligne le 13 août 2025, a obtenu 1 069 mentions « j’aime », 5 partages et 102 commentaires. Certains internautes l’ont jugée mensongère, tandis que d’autres ont salué l’initiative, remercié le Président et ont dit être d’accord avec cette décision.
Les frais de scolarité des lycées privés sont-ils fixés à cinquante mille (50 000) francs CFA au Burkina Faso ?
ABBcheck a mené une investigation afin d’apporter une lumière à ces débats.
La première étape de notre vérification a consisté à consulter les canaux officiels de communication des structures de tutelle, notamment la page Facebook du Ministère de l’Enseignement Secondaire et de la Formation professionnelle et technique (MESFPT). Aucune référence à une règlementation fixant les frais de scolarité à cinquante mille (50 000) francs CFA n’y a été trouvée, pas plus que sur la page de la Direction générale de l’Enseignement général (DGEG) du MESFPT.
Ensuite, nous avons effectué une recherche par mots-clés sur les autres canaux de communications officiels que sont l’Agence d’informations du Burkina (AIB), la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le Service d’Information du Gouvernement (SIG) mais aucune information en lien avec une régulation des frais de scolarité ne s’y trouve pour l’année scolaire 2025-2026.
Du reste, au Burkina Faso, le gouvernement a recours à des établissements conventionnés (post-primaire et secondaire) pour y affecter des élèves boursiers de l’Etat. Cette option a été prise par le gouvernement, dans l’optique de parer au déficit de collèges et lycées publics pour absorber annuellement le nombre croissant d’élèves admis aux concours d’entrée en classes de sixième et seconde. Selon un agent de la vie scolaire d’un établissement joint au téléphone, l’Etat s’engage à verser par élève affecté dans les écoles privées, un montant d’au moins cinquante mille (50 000 FCFA) au titre des frais de scolarité y compris les autres frais annexes.
Toutefois, ce dispositif ne signifie nullement que les frais de scolarité sont fixés uniformément à 50 000 F CFA dans tous les établissements du pays. Dans le secteur privé, chaque établissement définit ses tarifs en fonction de son niveau d’enseignement, de ses charges et de sa politique interne. Ainsi, les frais appliqués peuvent être bien supérieurs au montant pris en charge par l’État.
Par ailleurs, notre équipe a mené une enquête qui révèle que, pour la rentrée scolaire 2025-2026, certains parents d’élèves ont déboursé entre quatre-vingt mille (80 000) et deux cent mille (200 000) francs CFA comme frais de scolarité dans certains lycées privés du Burkina Faso.
Tout porte à croire que la rumeur soit partie d’une mesure prise au Niger visant à rendre l’éducation plus accessible et à lutter contre la hausse des coûts.
En effet, (ajouter une précision que cet article intervient la veille dudit communiqué) selon un
article de l’Agence Nigérienne de Presse (ANP), en date du 12 août 2025, le Président de la République du Niger, le Général Abdourahamane Tiani, a signé un décret publié dans un communiqué le 18 juillet 2025, ordonnant une réduction de 20% des frais de scolarité applicable dans les établissements et institutions de formation privés pour l’année scolaire 2025-2026. Ledit communiqué précise que cette réduction ne peut avoir pour effet de ramener ces frais à un montant inférieur à cinquante mille (50 000) francs CFA. Exception est faite pour les organismes de secours, de bienfaisance ou d’aide à l’éducation et/ou à la formation professionnelle, qui peuvent appliquer des tarifs inférieurs à ce seuil.
En résumé, les frais de scolarité des lycées privés au Burkina Faso ne sont pas fixés à cinquante mille (50 000) francs CFA comme le prétend le post du « FONER.NET ».
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