Le 19 mars 2025 la page Facebook dénommée «
Afrique Magazine News » et totalisant plus de 350 000 followers a posté une information selon laquelle, "L'AES lance la banque Confédérale d'Investissement et de Développement avec un capital de 500 milliards FCFA". La publication est devenue virale avec 511 mentions « j’aime », 25 commentaires et 50 partages. Le même contenu a été largement partagé par plusieurs internautes et pages sur Facebook, jusqu’au mois de
juillet 2025 suscitant un fort engouement sur les réseaux sociaux, où elle est largement saluée comme une avancée pour la souveraineté financière et le développement du Sahel. Plusieurs médias africains tels que Libreinfo, Bamada.net, Sika Finances ont relayé la nouvelle, parfois en saluant la démarche, parfois en s’interrogeant sur sa faisabilité et ses implications.
La Confédération des États du Sahel a-t-elle réellement lancé une banque de développement dotée d’un capital de 500 milliards F CFA ?
ABBcheck a investigué pour vous.
Pour vérifier l’exactitude de cette annonce, plusieurs axes ont été explorés, notamment les sources diplomatiques officielles et les médias crédibles.
La page officielle de la
Primature du Mali indique dans une publication en date du 23 mai 2025 à 15 heures 00 que réunis le 23 mai 2025 à Bamako, les ministres des Finances du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont décidé de créer la BCID-AES pour favoriser l’intégration économique et financer les infrastructures communes.
La même information est ensuite reprise par l’Agence d’Information du Burkina (
AIB), un média d’État burkinabè puis avec plus de détails par d’autres médias africains tels que
Libreinfo,
Bamada.net,
Horonya Finance ou encore
Seneweb.
Sur la
page officielle du ministère en charge de l’économie du Burkina Faso, l’annonce de la création de la banque confédérale de l’AES a également été communiquée. La publication informe que « le Burkina Faso, représenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar NACANABO, a pris part à la rencontre ministérielle sur le pilier « Développement » de la Confédération des États du Sahel (AES), tenue ce vendredi 23 mai 2025, à Bamako au Mali. Cette réunion marque une avancée majeure dans le processus de mise en œuvre des projets communs portés par les États membres de l'AES. (…) »
Sika Finances, connu comme média économique en Afrique de l’Ouest,
a publié un article le 26 Mai 2025 indiquant que « (…) depuis le mois de janvier dernier, le projet de création de la banque d'investissement des pays l'AES, Alliance des États du Sahel, comprenant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, se concrétise. »
Si plusieurs sources consultées confirment la formalisation politique de la création d’une banque de l’AES, il convient cependant de préciser qu’à ce stade il s’agit d’une décision politique actée d’un projet en phase de mise en œuvre. Le capital initial doit être mobilisé d’ici septembre 2025 et l’assemblée générale constitutive de la banque reste à convoquer. D’autres aspects, tels que la gouvernance, la localisation du siège et la libération complète du capital, seront finalisés lors de prochaines réunions nous apprend le média burkinabè
Burkina 24.
Les informations convergent donc à confirmer que la création de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES) a été officialisée lors de réunions ministérielles et de sommets des chefs d’État. Ce qui était encore un vœu des chefs d’État de l’AES prend forme à l’issue des rendez-vous de mars et mai 2025 à Bamako.
La création de la banque a été décidée et annoncée officiellement, à la fois par des médias et par certaines sources gouvernementales des États membres concernés. Le projet est à un stade avancé de préparation, avec plusieurs étapes à franchir avant que la banque ne commence effectivement ses activités. Il ne s’agit donc pas d’une rumeur quant à la création de la BCID-AES, mais un projet en cours de réalisation.
Avant de relayer une information, il convient de faire la différence entre une décision politique et sa réalisation effective car un projet annoncé n’est pas forcément opérationnel. Les internautes doivent être attentifs à la chronologie des faits et à l’avancement réel des démarches.
La prudence et la vérification de l’information doivent rester de mise avant tout partage.
ABBcheck